jeudi 1 mai 2008

Le 1er mai à Bruxelles


Le premier mai à Bruxelles, c'est comme la fête de l'Huma dirai-je, bien que je ne me sois jamais déplacé aux festivités communistes françaises. Mais j'imagine, que ce doit être dans le même état d'esprit. Il y a des stands des différents syndicats, organismes de soutien aux causes nationales et internationales, des représentants d'Amérique Latine (Ecuador, Mexique), des représentants de la cause Iranienne luttant depuis l'étranger contre les exactions du Mollah, puis des partis doux, comme le PS, les écolos, les Léninistes-Marxistes, juste pas d'étendard noir à l'horizon, mais ça c'est comme toujours.


Bref, ce jeudi 1er mai, c'était festivité rouge pour la famille! Après une petite tournée dans les stands, amassés la paperasse propagandiste des différents syndicats et parti, si bien qu'on entrevoit dans cette synthèse les réalités du monde présent. Mais ce que j'aime dans ces manifestations, où l'on commémore les luttes des travailleurs, et où l'on manifeste notre solidarité avec les fléaux qui sévissent dans ce bas monde, nous le faisons en fête!!!

Je ne reprocherai que le fait, que par cette même occasion, chacun essaie de vendre leurs fétiches... Moi qui ait toujours pensé qu'ils étaient anti-cléricaux, et contre l'obscurantisme religieux, j'n'imaginais pas qu'en tant que gauchiste, je me devais d'avoir le pin's untel, l'autocollant truc, le foulard palestinien (à vrai dire celui-ci je l'ai), le drapeau rouge, sans oublier la caisse à outil de l'ouvrier et du paysan dans le sac, le marteau et la faucille, un peu comme ceux qui ont le petit Jésus qui pend au-dessus de la poitrine, ou bien la Vièrge coincée dans des endroits bien impudique... Bref... c'était, et ça restait une après-midi de revendications:

Pour le pouvoir d'achat, pour une meilleure redistribution et gestion de l'économie, contre la détention des sans-papiers qui sont en instance d'expulsion du territoire, contre le fascisme de certains partis tel que Nation de Charleroi ou le Vlaams Belang flamand (mais il y en a tant d'autres ici ou ailleurs), pour la revalorisation des salaires, une meilleure écologie, et surtout dans tout ça, et à mon avis la synthèse en est là, redonner à l'humain la dignité qu'il lui revient dans le principe universelle d'égalité.


Voilà le 1er mai au son de l'Internationale jouée par une fanfare, de quoi émouvoir n'importe quel coeur de gauche, une réalisation d'utopie peut-être, une après-midi, où l'on avait l'impression que tous les syndicats, tous les partis, et toutes les tendances de gauche faisaient front uni et solidaire pour toutes ces revendications. Malheureusement trop souvent on prêchait pour son unique chapelle tentant d'attirer chez soi le badaud, et par la même occasion lui vendre tel livre, tel fétiche, tel truc, bref... je réalise mieux dans ces ambiances mes orientations anarchisantes bien revendiquées...

Sur ce, et pour couronner cette après-midi, Lura du Cap Vert et Axelle Red (Axelle la rouge, l'ambassadrice de l'UNICEF) ont charmé le début de soirée par leurs concerts. C'est plutôt sympathique d'avoir ces airs venus des îles et voir pour la première fois Axelle et son groupe multi-culturel!

La seule petite remarque concernant cette après-midi, ça aura été le temps, une fois de plus. Gros soleil au départ de l'après-midi, puis une rafale de vent mêlée de pluie qui nous a amené à se réfugier dans l'ACA, et une bourrasque de grêle un peu plus tard. Autre problème... COMAC toujours les mêmes qui ont un peu abusé avec leur action, se mêlant de l'affaire des sans papiers. Y'a rien à faire, j'n'arrive pas à les supporter. D'ailleurs, petit rappel à l'ordre de la part de la speakrine de l'après-midi, qui lui a rappelé que c'était une journée de solidarité pour tous, et qu'il ne devait pas y avoir une seule revendication. Ils ont trouvé ça injuste... n'est-ce pas le principe du populisme, toujours à la pointe de l'actualité, oubliant qu'il existe d'autres causes que celle qu'on défend.

En tout cas, c'est le 1er mai le plus palpitant et le plus exaltant que j'ai passé de ma vie! Et quel bonheur de se retrouver dans un vivier de gauche, où les idées fusent, des passionnés pour des causes multiples, les engagements de partout, les informations et les synthèses qu'on y trouve sont vraiment très intéressante. Ce qui m'a fait le plus plaisir c'est la mobilisation importante qu'il y a pour faire face au racisme et à l'extrême-droite. On ose ici nommer les groupes et même donner les coordonnées de leur siège pour s'y rendre et militer à sa façon!

Juste pour une dernière anecdote. Nous y avons rencontré outre un militant pour les causes économiques bien chiants, qui nous récitait sa leçon, sans même s'être averti lui-même du public intéressé... Monsieur nous expliquait la différence entre le système économique avant guerre et celui d'après-guerre. Sans se vanter, mais bon, un peu quand même, nous sommes en Histoire... et les questions économiques, j'les ai vu en 1ère et terminal... Bref... nous y avons eu droit quand même. Mais la rencontre vraiment intéressante, c'était cette petite dame de 83 ans, qui milite pour sensibiliser les gens à l'utilité de la langue esperanto, adorable comme tout, et qui a vraiment au coeur que les gens comprennent qu'on a besoin de ciment linguistique dans ce tourment culturel, et que l'Anglais ne pouvait pas faire son bout de chemin dans ce ciment international, car bien trop différente dans sa prononciation et sa compréhension selon le pays anglophone qu'on se trouve. Sinon, elle est passionnée par le "jeu du dictionnaire" qui passe sur La Première et qu'elle suit apparemment depuis plusieurs années. D'une pêche cette dame, c'était incroyable, même notre petite Eva buvait ses paroles, puisqu'elle poussait ses petits cris, comme si elle voulait aussi parler avec elle.

En prime, vidéo concert:


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